Soirée chaude au Centre-sud de Montréal

Posted By LeBouc on 27 juillet 2007

Hier soir, le 26 juillet 2007, dans le cadre de Parcs Vivants, projet d?appropriation citoyenne des petits parcs du Centre-sud de Montréal a eu lieu la soirée Poésie Incendiaire au parc Judith-Jasmin, rue Montcalm au nord d?Ontario. Plus de 17 poètes sont venus réciter et chanter des textes pour commémorer le fameux incendie, baptisé week-end rouge, qui a rasé un quadrilatère complet en 1974. Cette soirée dynamique s’est terminée par un Micro ouvert vers 22 heures.

Voici le texte que j’ai présenté pour cette occasion :

WEEK-END ROUGE

Voilà trente-trois ans déjà

Gisait en ruines

Habité par de petites gens travaillant pour la plupart dans des usines

Un quadrilatère complet qui brûla

Plaçant ses habitants dans un profond embarras

Ils possédaient peu, mais perdirent presque tout

Tous les malheureux sépourvus d?assurances contre le feu durent en ce vendredi funeste du 1er

novembre 1974

Repartir à zéro suite à cette combustion féroce

Le gigantesque brasier prit naissance sur les toits

Plongeant tout le quartier dans l?émoi

Comble d?infortune, les pompiers étaient en grève

Mais expliquèrent aux citoyens comment utiliser l?équipement

Et ceux-ci prirent vaillamment la relève

Dans un effort collectif, ils essayèrent d?éteindre les feux jour et nuit

Ils ne savaient plus où donner de la tête

Comment neutraliser un tel dragon quand il rugit Les foyers d?incendie étaient nombreux

Ils n?avaient définitivement pas le c?ur à la fête

L?embrasement s?imposait comme un monstre de feu, impitoyable et impétueux

Dans le quartier centre-sud qui sous les braises allait rendre l?âme

Des immeubles désaffectés furent d?abord la proie des flammes

Puis, dans un paroxysme de tourmente

La fournaise s?attaqua aux maisons avoisinantes

Les rues Sherbrooke, Amherst, Montcalm et Ontario

Qui furent à leur grand dam intégrées au scénario

Présentaient, au lendemain du sinistre, un visage désolé

Tels un immense squelette carbonisé Heureusement, il n?y eut aucun mort

Mais de nombreuses familles se retrouvèrent dehors, dans la rue et démunies

Pour ces gens qui trimaient dans des manufactures

L?avenir s?annonçait des plus durs

Le temps efface souvent les pires avaries

Mais souvenons-nous que ce week-end rouge a sévi à deux pas d?ici.

About the author

LeBouc

Maître d'oeuvre des Éditions de l'Impubliable Auteur de deux recueils de poésie, d'une nouvelle érotique et de deux biographies.

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